La maladie de Parkinson (et les pathologies apparentées)

La maladie de Parkinson est une maladie chronique du cerveau, de début insidieux et d’aggravation progressive. C’est une affection fréquente (150.000 patients en France) qui touche aussi bien les hommes que les femmes. Elle est rare avant 40 ans. Le début survient en général vers 60 ans. La fréquence de la maladie augmente avec l’âge, dépassant 4% de la population après 85 ans.
Elle est responsable de trois signes principaux :
- une raideur des muscles (l’« hypertonie »),
- une lenteur des mouvements et un aspect figé de la mimique, appelées « akinésie »
- un tremblement des membres, prédominant aux extrémités, notamment aux pouces, qui survient au repos et ne se manifeste que chez deux patients sur trois.


D’autres difficultés peuvent affecter plus rarement les patients : dépression, troubles du sommeil et ralentissement d'idéation, troubles de l’équilibre ou étourdissement au passage en position debout, troubles de la mastication et de la déglutition, hypersudation, constipation ou besoin impérieux d'uriner, perturbation de l’odorat qui serait très précoce… (pour des renseignements plus précis, consulter le site de France Parkinson (http://www.franceparkinson.fr).

Il vaut mieux, en fait, parler de « syndrome parkinsonien » car ces signes sont observés au cours de plusieurs maladies (pathologies apparentées). L’étude du cerveau permet seul de reconnaître avec certitude celle qui est en cause, même si l’examen clinique effectué par le médecin permet de l’évoquer avec une grande probabilité dans la majorité des syndromes parkinsoniens. On sait aujourd’hui que les maladies de Parkinson de loin les plus fréquentes, dites « idiopathiques » car on n’en connaît pas la cause, sont caractérisées notamment par l’accumulation anormale dans les neurones d’une protéine, l’alpha-synucléine. Dans d’autres maladies plus rares, moins bien connues, qui à leur début, ressemblent beaucoup à une maladie de Parkinson idiopathique, l'alpha-synucléine s’accumule dans d’autres cellules du cerveau ou bien ce sont d’autres protéines qui sont responsables. Quoi qu’il en soit, ces anomalies protéiques conduisent à la dégénérescence et à la mort de neurones et, donc à la perte de leur fonction. Les neurones sécrètent des protéines appelées neuromédiateurs (ou neurotransmetteurs) qui permettent la transmission de l’information d’un neurone à un autre neurone. Certains groupes de neurones (et donc certains systèmes de neuromédiateurs), tel le système dopaminergique de la substantia nigra, une région du cerveau située dans le tronc cérébral, sont préférentiellement détruits dans la maladie de Parkinson.

Le principal traitement de la maladie de Parkinson consiste à compenser la perte du neuromédiateur perdu, la dopamine, en l’apportant à l’organisme.
La cause précise de la maladie de Parkinson et, plus généralement des syndromes parkinsoniens, reste généralement inconnue. Dans la grande majorité des cas, la maladie survient de façon « sporadique », c'est-à-dire que le malade est le seul à être atteint dans une famille. Des facteurs de l’environnement pourraient être en cause mais aucun n’a été formellement identifié dans la grande majorité des maladies de Parkinson idiopathiques. De très rares formes familiales de la maladie de Parkinson sont connues. Des médicaments, comme les neuroleptiques, un virus encore très mal connu responsable de l’épidémie d’encéphalite léthargique de 1915, sont d’autres causes de syndromes parkinsoniens.


La surcharge en protéines des cellules du cerveau peut être vue à leur examen au microscope qui permet de préciser le type du syndrome parkinsonien en cause chez un patient en observant des « lésions ». Celles qui caractérisent la maladie de Parkinson idiopathique ont été identifiées dès 1912 par Friedrich Lewy, neurologue allemand et portent le nom de corps de Lewy. Dans la maladie de Parkinson, elles affectent notamment plusieurs noyaux du tronc cérébral, dont la substantia nigra. Depuis la découverte plus récente, en 1997, de leur composante principale, l’alpha-synucléine, qu’il est possible de voir au microscope grâce à des techniques spéciales (immunohistochimie), il est devenu manifeste que les lésions de la maladie de Parkinson étaient bien plus variées et plus diffuses dans le cerveau que ce que l’on pensait. On parle de lésions de type Lewy. De multiples systèmes neuronaux sont affectés.
La recherche dispose aujourd’hui de modèles expérimentaux de la maladie de Parkinson. Il s’agit, par exemple, de singes ou d’autres animaux intoxiqués par la 6-hydroxydopamine, le MPTP… ou de souris génétiquement modifiées. Certaines sur expriment le gène de l’alpha-synucléine, ce qui conduit à l’augmentation de la quantité de cette protéine dans le cerveau.

Chez d’autres, des gènes humains mutés provenant des rares cas familiaux de maladie de Parkinson ont été introduits. Ces modèles permettent de mieux comprendre les mécanismes des lésions et de formuler des hypothèses. Les modèles –tous imparfaits- sont loin de rendre désuète la recherche sur les échantillons humains. Ils permettent d’émettre ou de vérifier des hypothèses simples et ne peuvent reconstituer une maladie de mécanisme très complexe qui survient dans le cerveau le plus développé des espèces animales. De plus, il est clair aujourd’hui que la maladie de Parkinson est l’un des composants d’un éventail très large d’affections dont les lésions différentes rendent compte de la variabilité des troubles qui frappent les patients. Enfin, l’effet des multiples médicaments en essai doit être analysé. La collection d’échantillons provenant de patients atteints de maladie de Parkinson est particulièrement utile pour comprendre les lésions, formuler de nouvelles hypothèses pour traiter les patients, vérifier celles qui ont été déjà émises et surveiller l’effet des traitements.

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